Les Karyatides
Les Caryatides sont des colonnes sculptées, femmes de pierre immobiles, porteuses de portes, de linteaux ou de balcons.
Les Karyatides sont une compagnie de théâtre bien vivante, portée par deux femmes de chair, d’os et d’idées : Karine Birgé et Marie Delhaye.
À leur initiative, d’autres forces sont venues se joindre à l’aventure : créateur·ices et collaborateur·ices, karyatides et atlantes, figures complices d’une œuvre commune qui parle aux jeunes comme aux ancien·nes, aux rêveur·ses comme aux penseur·ses.
Ensemble, elles bâtissent des récits comme on érige des colonnes : avec précision et une pointe d’irrévérence.
Les grandes histoires sont celles qu’on a déjà entendues et qu’on n’aspire qu’à réentendre.
Les Karyatides adaptent des monuments de la littérature et du répertoire.
Elles s’emparent de récits et d’écritures fortes, les ouvrent, les déplient et les façonnent, avant de les presser pour en extraire des digest vivifiants, percutants. Des fragments polis jusqu’à l’éclat.
Elles redonnent aux mythes et aux œuvres anciennes leur actualité, ou plutôt leur intemporalité, remontant le temps pour y lire l’avenir et nous confronter au présent.
Comme on mord une eau-forte à l’acide.
Un langage : le théâtre d’objet
Ce théâtre d’objet, qu’elles aiment aussi appeler théâtre de figure, mêle le texte revisité, une bande-son ciselée, la manipulation d’objets glanés et de marionnettes, la narration et le jeu direct.
C’est un art du décalage, du collage, de l’ellipse et de l’évocation, qui joue avec les échelles, brouille les références et redéfinit les conventions.
Un théâtre qui fait feu de tout bois — de tout plastique, de tout métal — et qui, dans la modestie de ses moyens, s’autorise des effets grandioses.
Le théâtre d’objet apparaît comme le porte-drapeau d’un art en résistance, plus contemporain que jamais, qui est à la culture ce que le recyclage ou le slow food sont à nos modes de vie : un modeste et grandiose pas de côté.
Minimaliste, mais monumental
Ce théâtre aime le contraste. Derrière les objets délicats et les petites formes qu’elles manipulent, se cachent des idées vastes, des univers entiers. Derrière l’économie de moyens, une richesse foisonnante où chaque geste, chaque élément, s’élargit pour dévoiler un monde entier. Un monde qui interroge, critique et bouscule les enjeux sociaux, politiques et culturels d’aujourd’hui, tout en nous confrontant aux paradoxes de notre époque.
Le théâtre des Karyatides est un théâtre aux effets inversement proportionnels à son minimalisme.
Karine Birgé
Karine naît en 1977 dans les brumes lorraines, sur cette terre qui porte encore les stigmates de la guerre. Enfant, elle joue le long du chemin de fer et dans les bunkers, collectionnant les casques et les obus encore enfouis, ou bien promène Lola, sa chèvre, au bord de la nationale.
Elle grandit un tout petit peu et s’en va errer à l’université. Elle rêve d’être hard-rockeuse. Un soir, elle prend le train pour Paris. Elle écume alors les bars, les restaurants, mais derrière le comptoir, pas devant ou parfois seulement.
Un autre soir, elle migre en Belgique pour étudier quelques années au Conservatoire Royal de Liège et à Bruxelles pour y poser ses valises. Elle y travaille pour différentes compagnies de théâtre, interprète quelques rôles mineurs au cinéma, réalise des films documentaires et surtout : elle fonde la compagnie Karyatides avec Marie Delhaye.
Marie Delhaye
Née en 1978, Marie passe une enfance tranquille sur les rives du fleuve Saloum, au Sénégal, puis une adolescence sans remous au bord du canal de Béthune (Pas-de-Calais). S'ensuivent des études d'histoire le long de la Deûle, à Lille. Abandonnant le grand H de la grande Histoire, elle se passionnera ensuite plutôt pour les histoires, avec un petit s.
C’est le signal de l'émigration vers la Belgique, terre d'accueil, où elle traverse chaque jour la Meuse pour se rendre au Conservatoire Royal de Liège. De l'eau coule encore sous les ponts, avant qu'elle s'en aille pour Bruxelles, le diplôme glissé dans la poche de sa doudoune, pour y tenter sa chance.
Après des études au Conservatoire de Liège, quelques expériences de création et de compagnies et la rencontre avec Agnès Limbos de la Cie Gare centrale, elle cofonde les Karyatides avec Karine Birgé.