C'est l'histoire de Raskolnikov, un jeune homme révolté, écrasé par la misère. Il est en lutte contre l’injustice, la pauvreté, et le peu de perspectives que lui offre le monde. Alors, pour réaliser sa liberté par-delà la morale et au mépris de la loi, il vole et assassine une vieille usurière. Après tout, le monde sera mieux sans elle, et le butin pourra être redistribué… Le terrible châtiment qu’il s’inflige est immédiat : tourmenté par la barbarie de son acte, il vacille nuit et jour entre le cauchemar et la folie. Petit prétentieux sans morale ? Robin des bois maladroit ? Salaud séduisant ? Ou simple produit de la société ? Au tribunal, les avis divergent. Ce spectacle sera l'anatomie d'un crime, de son fantasme à son aveu. Il sera livré dans un rythme haletant, entre action et réflexion, ponctué d'humour et de chants.
Création Novembre 2025
Durée : 75 minutes
Tout public à partir de 12 ans
DISTRIBUTION
Mise en scène :
Karine Birgé
Jeu :
Cyril Briant, Marie Delhaye
Dramaturgie :
Robin Birgé
Création sonore :
Guillaume Istace
Création musicale :
Gil Mortio
Scénographie et costumes :
Claire Farah
Création lumière :
Dimitri Joukovsky
Coordination technique :
Karl Descarreaux
Constructions :
Olivier Waterkeyn
Marionnettes :
Joachim Jannin
Interventions techniques :
Claire Farah, Eugénie Obolensky,
Karl Descarreaux, Dimitri Joukovsky
Visuel :
Antoine Blanquart
Photographies :
Marie-Françoise Plissart
Administration et production :
Marion Couturier
Diffusion :
Vincent Geens
Une production de la Compagnie Karyatides.
En coproduction avec le Théâtre de Liège, le Théâtre Varia - Bruxelles, le Escher Theater - Esch-sur-Alzette (LU), le Centre culturel de Dinant, le Théâtre de Namur, La maison de la culture de Tournai et La Coop asbl.
Avec le soutien de La Roseraie - Bruxelles, Pierre de Lune - Centre Scénique Jeunes Publics de Bruxelles, le Théâtre Les Tanneurs, le Théâtre La montagne magique, Shelterprod, Taxshelter.be, ING et du Tax-Shelter du Gouvernement fédéral belge.
Réalisé avec l’aide du Ministère de la Fédération Wallonie Bruxelles – Service du Théâtre.
Remerciements :
les équipes techniques du Théâtre de Liège et du Théâtre Varia, Mariette Michaud, Karim Gharbi, Julie Mossay, Annie Birgé, Jérémie Lamouroux, Valentina Padilla Birgé, Félicie Artaud, Agnès Limbos, Sabine Durand, Dominique Rodriguez Bonfanti, Estelle Franco, Marie-Pierre Hérion, Jean-Michel Chaumont, Laurent Caron, Sandrine Bastin, Dany Porché, Lucile Ziletti, Brigitte Brisbois, Christian Dessouroux, Sarah Olivier, Julie de La dînette mobile
2025 -2026
4 au 8 novembre 2025 > Théâtre de Liège
10 novembre 2025 > Festival Export/Import, la montagne magique Bruxelles
20 au 28 novembre 2025 > Théâtre Varia, Bruxelles
27 au 31 janvier 2026 > Théâtre de Namur
3 au 4 mars 2026 > La maison de la culture de Tournai
19 au 20 mars 2026 > Escher Theater, Esch-sur-Alzette (LU)
4 au 11 avril 2026 > Théâtre Les Tanneurs, Bruxelles
Une ode à l’amitié ?
Et si Crime et Châtiment était (avant tout ?) une ode à l’amitié. C’est le point d’amorce d’une version alternative proposée par la compagnie Karyatides.
« Je m’appelle Dimitri Prokovitch Razoumikhine. Je suis un ami de l’accusé, Raskolnikov. Je suis son seul ami peut-être. » Bouleversant aux premiers mots, car avoir un seul ami raconte tout d’une personne, et pas forcément son isolement. Son exigence ? Sa probité ?
Les premiers mots sont confiés à l’ami et c’est un horizon qui déjà se referme. L’horizon, c’est ici l’autre mot pour la Justice. Et de justice, Raskolnikov en fait sa quête, celle qui irait au-delà des lois, des punitions et des sanctions, pour en explorer les tréfonds d’une âme humaine miséreuse et idéaliste. Rasko prend tout à vif, pertes et fracas, à ce seul titre; du péril naît le salut.
La compagnie Karyatides adapte librement Crime et Châtiment de Dostoïevski. A l’attention du jeune public mais pas seulement.
Un·e acteur, un·e actrice se partagent la scène, avec moult figurines et une musique pour troisième pointe à un triangle dont il faudra sans cesse renommer la forme. Les hommes sont des hommes, les hommes sont des femmes, les femmes sont des hommes, les femmes sont des femmes, les rôles s’échangent, les voix se partagent et les voies s’ouvrent, mise en scène en 5D, farandole de pensées et manège infernal, la morale se pose là, fébrile et fragile, ne tenant qu’à un fil et il dépendra de vous d’en énoncer le verdict. De 7 à 77 ans.
Repenser le système, c’est pas reproduire la même violence avec d’autres.
La scène s’étend de part en part, le regard peut balayer de gauche à droite, se réfugier derrière un bar ou dans un verre (trigger warning : on sert des Bloody Mary à Jésus), se poser sur un canapé ou s’allonger à l’ombre des certitudes, écouter la sagesse des anciens ou gloser avec la bande d’habitués peu enclins à se questionner. Avant que ne monte la marée, que la culpabilité ne les inonde.
On s’habitue vite aux sacrifices des Autres
L’amitié et les habitudes, deux poumons d’un spectacle ne faisant qu’un. Que faire de nos habitudes, n’est-ce pas celles-ci qui nous conduisent au pire ? A commencer par l’habitude de la faim, qui justifie à elle seule tous les moyens. On entend des voix au fond, celles de l’enfance, celles dont on ne sortira jamais, le piège qui se referme sur soi est celui de la naissance. Être bien né ou se battre.
Mon cher fils, tu sais combien je t’aime et ta sœur Dounia, aussi
Les lettres sont des chants, sur des airs mélancoliques, la compagnie Karyatides nous offre ce luxe immense, palpable à toutes, sûrement à tous, celui du chant.
Bonnet sur tête, bras levés, se convaincre de ne plus être un gamin, que le sacrifice n’est pas admissible, il n’est pas généreux.
Commettre l’irréparable
Parlons-en ! L’horreur ce n’est pas une hache sur le sommet d’un crâne, c’est le désespoir. Partout, tout le temps.
- Il mérite la peine de mort.
Plus tard
- Ah ? C’est pas c’que j’dois dire ?
On cherche toujours la modernité dans les choses de la vie. Le texte de Dostoïevski en est la gageure, et la mise en scène des Karyatides saura le tordre, l’éponger, n’en laisser que la substantifique noirceur couler sur les âmes perdues ; parce que quand tout le monde s’agite, c’est que déjà le feu s’est propagé.
Un crime face à tous les crimes reste un crime
Implacable. Au public de s’en dépêtrer. Jusqu’à son terme, jusqu’au dernier mot que l’on saura taire, jusqu’aux derniers maux que l’on ne pourra soigner.
Dansez les enfants !
Quand la tragédie prend place, que Loujine, l’Avocat, a fait table rase de la foi, il ne reste plus que quelques lapins, voués à tourner en boucle, condamnés à leur destin. Pris dans les phares de la Société, Rasko n’a plus d’issue. On en fait quoi, d’un aveu ? A-t-on chaud parce que l’on vous offre une couverture ?
Un dernier mot : les Karyatides regardent l’œuvre de Dostoïevski dans un miroir, et le public y verra tous ses fantômes.
Romain Sublon, octobre 2025